
La DGCCRF dresse le bilan de ses contrôles en matière d’alimentation durable avec, en ligne de mire, l’agriculture biologique et le greenwashing.
Dans le cadre de la lutte contre le greenwashing sur les produits alimentaires et les modes de production, notamment sur l’agriculture biologique, et afin d’accompagner les nouvelles pratiques alimentaires, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), présente les résultats de ces contrôles auprès de plus de 6 500 professionnels, à tous les stades de la chaîne de valeur, du champs à l’assiette en passant par la distribution et les cantines. Des résultats dévoilés alors que se déroule la Semaine européenne du développement durable, du 18 septembre au 8 octobre, dont le thème, cette année, est consacré à l’alimentation durable.
Usurpation du label bio, additifs interdits…
Chaque année, La DGCCRF contrôle les produits issus de l’agriculture biologique afin de lutter contre l’usurpation du label associé. Entre 2024 et 2025, plus de 4 800 professionnels ont été contrôlés, donc 15,5% ont fait l’objet de suites correctives et répressives.
Les contrôles ont notamment mis au jour une absence de certification et de notification de l’activité à l’Agence bio, les professionnels n’étant alors pas contrôlés par les organismes certificateurs. Les enquêteurs ont sanctionné par des suites pénales des pratiques commerciales trompeuses consistant à présenter des produits comme issus de l’agriculture biologique alors qu’ils ne le sont pas.
Par exemple, un producteur de champignons commercialisait, en plus de sa production certifiée bio, plusieurs tonnes de champignons conventionnels achetés auprès d’un grossiste.
Au stade de la transformation, les enquêteurs ont relevé des non-conformités aux règles de production, comme l’utilisation d’additifs interdits en bio, ou les produits biologiques et non biologiques stockés côte à côte et susceptibles d’être mélangés voire utilisés indistinctement.
Du côté de la grande distribution, un rayon boucherie en libre-service d’une grande surface mettait en avant le logo agriculture biologique accompagné de la mention « Viande bovine bio, le pouvoir d’acheter français », alors qu’aucune des barquettes de viande bovine en vente lors du contrôle n’était issue de l’agriculture biologique et que la moitié n’était pas d’origine française.
Affichage abusif de labels environnementaux
Au-delà des contrôles sur l’agriculture biologique, la DGCCRF intègre les produits alimentaires à ses enquêtes en matière de lutte contre le greenwashing il s’assure de la loyauté des arguments commerciaux mis en avant concernant l’impact environnemental des produits alimentaires (emballages, publicité). En 2025, plus de 460 professionnels, dans les secteurs des fruits et légumes et du vin, ont été contrôlés, avec une attention particulière portée aux allégations relatives à l’absence de pesticides, d’OGM, à la mention « issus d’une exploitation de Haute Valeur Environnementale » et aux labels privés.
Réalisés en phase de production et en distribution, ces contrôles ont permis de mettre au jour, parmi les pratiques trompeuses les plus courantes, l’emploi d’allégations environnementales injustifiées ou interdites, ou l’affichage abusif de labels environnementaux. Des suites correctives et répressives ont été privilégiées pour environ 10% des établissements contrôlés. Par exemple, un revendeur en ligne de fruits et légumes revendiquait une « culture raisonnée », sans pouvoir justifier de quelconque pratique agricole susceptible d’étayer cette mention.
C.B.

