
Un nouvel épisode judiciaire oppose Casino Guichard‑Perrachon à Companhia Brasileira de Distribuição (GPA) au Brésil. Après une injonction préliminaire bloquant la cession des titres, la justice a finalement autorisé l’opération sous conditions, tandis que Casino annonce son intention de faire appel.
Un nouveau chapitre judiciaire s’ouvre au Brésil concernant la participation du groupe Casino Guichard‑Perrachon dans Companhia Brasileira de Distribuição (GPA). Saisie par le distributeur brésilien, la justice civile a d’abord suspendu la cession des actions détenues indirectement par Casino, avant d’assouplir sa position quelques jours plus tard.
Injonction d’interdiction de céder des actions
Par une décision rendue le 17 avril 2026, un Tribunal civil brésilien avait fait droit à la demande de GPA en ordonnant, à titre préliminaire, une injonction interdisant la cession des actions de l’enseigne détenues indirectement par Casino. Cette mesure visait à bloquer toute opération sur les titres concernés dans l’attente d’un examen plus approfondi du dossier.
Casino, par l’intermédiaire de sa filiale Obin Holdings Netherlands B.V., a toutefois rapidement réagi en déposant une demande de révision de cette décision. Le 22 avril 2026, le Tribunal a partiellement modifié sa position en autorisant la cession en cours des actions GPA détenues par Obin Holdings Netherlands B.V., tout en assortissant cette autorisation de garanties spécifiques.
Préserver les intérêts des parties
Conformément à la décision judiciaire, le produit de la cession devra être placé sous séquestre. Ce mécanisme vise à préserver les intérêts des parties dans l’attente d’une décision définitive sur le fond du litige, sans remettre en cause, à ce stade, la réalisation de l’opération elle‑même.
À la date de la décision, Casino détient indirectement 20,44 % du capital de Companhia Brasileira de Distribuição. Cette participation constitue un actif significatif pour le groupe français, engagé depuis plusieurs années dans une stratégie de cessions et de restructuration de son portefeuille d’activités à l’international, dans un contexte financier contraint.
Un appel de la décision à venir
Malgré l’assouplissement décidé le 22 avril, le contentieux n’est pas clos. Casino a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de la décision initiale du 17 avril 2026 ayant instauré l’injonction préliminaire. Cet appel pourrait conduire à de nouvelles échéances judiciaires et prolonger l’incertitude entourant l’avenir capitalistique de GPA.
Ce dossier illustre les tensions persistantes entre GPA et son actionnaire historique, dans un contexte où les opérations sur le capital des grands groupes de distribution sont étroitement scrutées par les juridictions locales, notamment au Brésil. L’issue de la procédure d’appel pourrait avoir des conséquences significatives sur la stratégie de désengagement de Casino dans la région.
C.Bu

