
En juin, Monoprix et Ramdam Social déploient une campagne d’affichage fondée sur l’humour et l’autodérision. L’opération associe plusieurs produits du quotidien à un mécanisme de contribution solidaire, au bénéfice de personnes en situation de précarité.
Monoprix et Ramdam Social ont lancé, début juin, une campagne d’affichage commune dans les vitrines de l’enseigne. Déclinée sur un ton volontairement décalé, l’opération met en scène plusieurs slogans jouant avec le cliché du consommateur « bobo » : « Des chips de bobos chez Monoprix, quelle surprise », « Attention, cette affiche peut entraîner un regroupement de bobos » ou encore « Les chips préférées des bobos qui ne pensent pas être des bobos ».
Avec cette prise de parole, les deux marques assument leur image plutôt que de la contourner. Le dispositif repose sur une campagne rose, visible en magasin, qui accompagne la mise en avant des produits Ramdam Social, notamment des chips paysannes, des sablés bio et des protections périodiques. L’objectif annoncé est d’intégrer une contribution solidaire à un acte d’achat courant.
Une mécanique solidaire intégrée à l’achat
Le principe mis en avant repose sur une contribution associée à chaque achat : un paquet acheté permet de cofinancer un repas, tandis qu’un paquet de protections périodiques acheté permet de financer une journée de protections distribuée. Selon les éléments communiqués par les marques, l’acheteur n’a aucune démarche supplémentaire à effectuer : pas de formulaire, pas de code à scanner, pas de surcoût annoncé.
Cette logique s’inscrit dans le modèle porté par Ramdam Social, qui associe la vente de produits alimentaires ou d’hygiène à une aide concrète destinée à des personnes en situation de précarité. Dans le cadre du partenariat avec Monoprix, les produits concernés sont présentés comme des achats du quotidien susceptibles de générer un impact social immédiat.
Une campagne pensée pour attirer l’attention en magasin
Au-delà de l’affichage en vitrine, le dispositif prévoit une théâtralisation en magasin. Durant les deux premières semaines de juin, 50 magasins Monoprix sont concernés par une activation renforcée, comprenant une présence terrain, des dispositifs en rayon et une mise en scène destinée à attirer l’attention des clients au moment de l’achat.
La campagne s’appuie ainsi sur deux leviers : la visibilité de l’affichage et l’expérience en point de vente. Les messages, courts et ironiques, cherchent à créer un effet de connivence avec les consommateurs tout en rappelant la finalité solidaire de l’opération.
L’autodérision comme stratégie de communication
Le choix du ton constitue l’un des marqueurs de cette campagne. En reprenant à leur compte le qualificatif de « bobo », souvent associé à l’image de Monoprix et aux produits engagés, les deux marques cherchent à désamorcer la critique par l’humour. « L’audace fait partie de l’ADN de Monoprix. Avec Ramdam Social, nous avons choisi de jouer la carte de l’autodérision pour engager nos clients, sans culpabilisation. Derrière cette campagne, une ambition : simplifier l’engagement solidaire et le rendre accessible à tous », déclare Sandrine Sainson, directrice marketing de Monoprix.
Le message repose sur l’idée qu’un achat alimentaire ou d’hygiène peut devenir un geste de solidarité sans modifier les habitudes de consommation. La campagne privilégie la simplicité du passage à l’acte plutôt qu’un appel explicite au don ou à l’engagement militant.
Une opération à la croisée du commerce et de l’impact social
Pour Monoprix, cette collaboration s’inscrit dans la continuité d’une offre de produits présentés comme plus responsables ou engagés. Pour Ramdam Social, elle permet d’accroître la visibilité de son modèle auprès d’un public urbain et de clients déjà familiers des produits alimentaires alternatifs ou solidaires. « Nous sommes une marque qui plaît aux bobos et on l’assume complètement. Mais je dois reconnaître : pas que. 67 % des Français veulent agir contre la précarité », affirme Julie Boureau, cofondatrice et directrice générale de Ramdam Social.
L’opération illustre une évolution des campagnes de communication solidaires, qui cherchent à concilier impact social, humour et efficacité commerciale. En misant sur une promesse lisible, « un produit acheté, une aide financée », Monoprix et Ramdam Social entendent réduire la distance entre intention solidaire et comportement d’achat.
Reste à mesurer l’impact réel de cette campagne sur les ventes comme sur les dons générés. Les deux premières semaines de juin doivent servir de temps fort en magasin, avant que l’opération ne s’inscrive dans la durée au sein du réseau Monoprix.
C.Bu










