
Le groupe Casino annonce avoir reçu des propositions fermes de restructuration financière de la part de ses créanciers et de son actionnaire de référence. Ces mesures, qui s’inscrivent dans un contexte de difficultés persistantes, devraient modifier la structure du capital du distributeur.
Le groupe Casino a fait le point sur l’avancement de son projet d’adaptation et de renforcement de sa structure financière. Selon un communiqué, le groupe a reçu des propositions fermes de restructuration de la part de ses créanciers Term Loan B ainsi que de son actionnaire de référence. Chacune de ces options entraînerait une dilution importante pour les actionnaires actuels, indique le groupe.
Deux scenarii se dessinent pour Casino
La première proposition, émanant de son actionnaire de référence FRH, prévoit la conversion d’une partie importante de la dette TLB en actions Casino, accompagnée d’une augmentation de capital totale de 550 millions d’euros, dont une partie en numéraire destinée à renforcer la liquidité du groupe et à rembourser une partie du RCF. Cette offre s’appuie également sur la réinstallation de financements bancaires, notamment un nouveau RCF de 601 millions d’euros, une garantie à première demande de 175 millions d’euros et le maintien des financements opérationnels. À l’issue de cette restructuration, FRH deviendrait largement majoritaire au capital, les créanciers TLB et RCF détenant des parts significatives, tandis que les actionnaires existants seraient fortement dilués.
La seconde proposition, portée par le SteerCo TLB, consiste en la conversion quasi totale du TLB en fonds propres, une injection de 400 millions d’euros en numéraire, la réinstallation d’un RCF de 711 millions d’euros et la mise en place d’une nouvelle facilité opérationnelle de 650 millions d’euros. Dans ce scénario, les créanciers TLB détiendraient la quasi-totalité du capital du groupe, les actionnaires actuels étant également très fortement dilués. Les deux offres prévoient le maintien de l’intégrité du groupe, le soutien à l’équipe de direction actuelle et la préservation du siège social, tout en opérant une transformation profonde de la structure financière et de la répartition du capital de Casino.
Plan de sauvegarde modifié
Dans les prochaines semaines, les organes de gouvernance du groupe se réuniront pour examiner les différentes positions et arrêter, d’ici la fin juillet, les termes de la modification du plan de sauvegarde. Ce plan sera ensuite soumis au vote des parties concernées, puis au Tribunal des affaires économiques de Paris. Par ailleurs, Casino a confirmé que ses partenaires bancaires ont obtenu l’accord de principe de leurs comités de crédit respectifs sur les principaux termes de nouveaux financements. Ceux-ci incluent un nouveau crédit revolving (RCF) de 601 millions d’euros sur cinq ans, le maintien de financements opérationnels existants pour environ 740 millions d’euros sur la même durée, ainsi qu’une nouvelle ligne de garantie de 175 millions d’euros destinée à soutenir l’alliance aux achats.
Accords finalisés d’ici la fin de l’année
La signature de ces accords reste conditionnée à l’approbation du conseil d’administration du groupe et à la réalisation de plusieurs conditions, dont le maintien de FRH comme actionnaire de contrôle et l’accord des créanciers TLB à la majorité des deux tiers. L’objectif affiché par Casino est de finaliser ces opérations de restructuration d’ici la fin du second semestre 2026.
C.Bu
