
Selon l’Insee, la confiance des ménages français recule encore en mai 2026. Entre inquiétudes sur le niveau de vie, prudence face aux achats et tensions sur les prix, le climat économique reste marqué par un net pessimisme.
En mai 2026, la confiance des ménages français poursuit sa dégradation, selon la dernière enquête de conjoncture publiée par l’Insee. L’indicateur synthétique de confiance atteint 82, soit une baisse de deux points par rapport au mois précédent, et se situe désormais à son niveau le plus bas depuis mars 2023. Cet indicateur s’éloigne nettement de sa moyenne de longue période, fixée à 100 entre janvier 1987 et décembre 2025, traduisant un climat de pessimisme persistant au sein des foyers.
Le moral des ménages en berne
La perception de la situation personnelle des ménages s’assombrit également. La proportion de Français estimant qu’il est opportun de réaliser des achats importants recule fortement, le solde correspondant perdant cinq points pour le deuxième mois consécutif. Les opinions sur la situation financière personnelle, tant passée que future, se détériorent : le solde relatif à la situation passée chute de trois points, tandis que celui concernant les perspectives futures recule d’un point. Ces deux indicateurs s’éloignent eux aussi de leur moyenne historique, illustrant une inquiétude croissante quant à la stabilité financière des ménages.
En revanche, la capacité d’épargne demeure stable. Les soldes d’opinion relatifs à la capacité d’épargne actuelle et future restent nettement supérieurs à leur moyenne de longue période. De même, la part des ménages jugeant qu’il est opportun d’épargner reste quasi inchangée et bien au-dessus de la tendance historique, signe que la prudence prévaut dans un contexte économique incertain.
Dégradation du niveau de vie
Le niveau de vie en France, tel que perçu par les ménages, subit une nouvelle forte dégradation. Le solde d’opinion sur le niveau de vie passé perd six points, après une baisse de sept points en avril, et celui sur le niveau de vie futur atteint son plus bas niveau depuis juillet 2022. Ces évolutions témoignent d’un sentiment généralisé de dégradation des conditions de vie.
Les craintes liées au chômage s’atténuent légèrement en mai, le solde correspondant perdant deux points, mais il demeure largement supérieur à sa moyenne de longue période. Cette légère amélioration ne suffit toutefois pas à compenser le climat général de défiance.
Perception d’une hausse des prix
Concernant les prix, la perception d’une forte hausse au cours des douze derniers mois s’accentue encore, le solde associé gagnant deux points après une progression spectaculaire en avril. En revanche, les anticipations d’accélération des prix pour les douze prochains mois se replient, le solde perdant huit points, mais restant largement au-dessus de la moyenne historique.
L’enquête, réalisée auprès d’environ 2 000 ménages entre le 27 avril et le 18 mai 2026, s’inscrit dans le cadre du programme européen harmonisé d’enquêtes de conjoncture. Elle met en lumière une France où la prudence domine, marquée par une confiance en berne, une perception négative du niveau de vie et une vigilance accrue face à l’évolution des prix et du chômage.
C.Bu










