
Première pierre de la construction d’un outil de pilotage et de référence pour le secteur, l’Observatoire de la lutte contre le gaspillage alimentaire en grande distribution vient d’être lancé par la FCD et Perifem. Zoom sur cinq enseignements.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et Perifem lancent la première édition de l’Observatoire de la lutte contre le gaspillage alimentaire en grande distribution. Un nouvel outil qui dresse un premier état des lieux des solutions déployées sur les terrains, identifie celles qui fonctionnent le mieux et fait émerger plusieurs leviers d’amélioration collective. Les pratiques de 138 magasins issus de 10 enseignes contributrice ont été passées à la loupe.
Un engagement en progression
La lutte contre le gaspillage semble s’ancrer dans le quotidien des magasins : 94% des répondants estiment que l’engagement de leurs équipes dans la lutte contre le gaspillage alimentaire est en progression ou reste stable par rapport à l’année précédente. Dans le détail, 65% constatent une hausse de la mobilisation et 29% une stabilité. Une progression particulièrement marquée dans les grands formats : 70% des hypermarchés et 69% des supermarchés interrogés déclarent un engagement en augmentation. Avec, à la clé : optimisation des commandes, réduction sur les produits proches de leur date de péremption, formation des salariés, dons associations ou encore paniers anti-gaspillage.
Deux leviers essentiels de lutte
Mieux anticiper les ventes et réduire les prix au bon moment sont les leviers jugés les plus efficaces.
Tout d’abord le « stickage » en zone dédiée, c’est à dire l’application d’une étiquette de réduction sur les produits à vendre rapidement, regroupés dans un espace spécifique.
70% des répondants classent cette pratique parmi les cinq actions les plus efficaces, et 29% la considèrent comme la plus efficace.
Autre levier : les outils de gestion des commandes qui permettent d’ajuster les quantités commandées aux ventes attendues. 56,9% des répondants les placent parmi les cinq solutions les plus efficaces, et 36,9% les considèrent comme la mesure la plus performante.
La sensibilisation et la formation des salariés, les dons aux associations ainsi que le stickage dans le rayon d’origine complètent la liste des cinq actions les mieux classées. Les paniers anti-gaspillage se sont également bien installés dans les pratiques : pour les fruits et légumes, environ 60% des magasins interrogés en proposent directement en magasin.
Casse nette, casse-tête
Ambition de l’Observatoire : commencer à harmoniser les indicateurs permettant de mesurer le gaspillage grâce au taux de casse nette, autrement dit les marchandises qui n’ont pas été vendues. Elle permet de mesurer plus précisément les pertes alimentaires restant réellement à la charge du magasin, après avoir notamment retranché les produits vendus à prix réduit, les paniers anti-gaspillage, les dons ou certaines formes de valorisation. Seuls 44 magasins sur 138 ont renseigné cet indicateur. Résultat : le taux moyen de casse net s’établit à 0,71% du chiffre de l’affaire alimentaire. Il atteint 0,5% dans les hypermarchés répondants, 0,9% dans les supermarchés et 2% dans les magasins de proximité.
Le don alimentaire peut mieux faire
Parallèlement, le don aux associations constitue l’un des marqueurs les plus forts de l’engagement des magasins : 94% des points de vente interrogés déclarent avoir au moins un partenariat avec une association pour le don destiné à l’alimentation humaine, avec une moyenne de 1,9 association partenaire par magasin. Pour les 68 magasins ayant renseigné cette donnée, la valeur annuelle moyenne des dons atteint 73 219€. L’Observatoire montre toutefois qu’un potentiel reste à exploiter : 40,5% des points de vente déclarent avoir parfois dû détruire des denrées encore consommables faute de solutions de collecte. Les difficultés concernent, principalement, la fréquence des ramassages, les week-ends et jours fériés, l’absence de véhicules adaptés ou encore l’indisponibilité d’associations. « La prochaine étape consiste donc moins à convaincre de donner qu’à renforcer les capacités de collecte et de redistribution, par exemple en mutualisant les tournées, en accompagnant les associations ou en développant de nouvelles solutions logistiques », expliquent les deux fédérations.
Renforcer le label national anti-gaspillage
Enfin, la FCD et Perifem estiment que le label national anti-gaspillage pourrait constituer un levier pour renforcer la lutte contre le gaspillage. Aujourd’hui, seuls 16% des points de vente estiment qu’il est moyennement ou très connu de leurs clients, tandis que 27% des magasins non labellisés envisagent de le faire. L’Observatoire souligne deux priorités pour favoriser son développement : mieux faire connaître ce label auprès du grand public et réduire le coût de la démarche de labellisation.
L’enjeu des prochaines éditions de l’Observatoire sera de poursuivre l’harmonisation des indicateurs et de favoriser leur appropriation par les points de vente, afin de suivre dans la durée des avancées individuelles et collectives et d’accélérer la diffusion des solutions qui ont fait leurs preuves.
C.B.
















