
Les fabricants de biscuits et confiseurs de France alertent sur l’impact d’une nouvelle taxe annoncée sur les produits sucrés. Celle-ci viendrait s’ajouter à celle, déjà en vigueur depuis 2025, sur les sodas.
Dans un contexte économique tendu, l’annonce d’une possible taxation des produits sucrés dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 suscite une vive inquiétude parmi les acteurs de l’industrie agroalimentaire française. Les fabricants de biscuits, gâteaux, confiseries et chocolats dénoncent une mesure qu’ils jugent lourde de conséquences pour l’économie, l’emploi et le patrimoine gastronomique national.
300 entreprises concernées
Selon les représentants du secteur, plus de 300 entreprises françaises seraient concernées par cette taxe, dont 87 % sont des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE et PME). Ces sociétés, souvent familiales et implantées au cœur des territoires, emploient directement près de 50 000 personnes. Elles produisent des spécialités emblématiques telles que le nougat, le pain d’épices, la meringue ou encore le calisson, dont la recette et l’identité sont indissociables du patrimoine culinaire français.
Les professionnels rappellent que ces entreprises font déjà face à une conjoncture difficile : hausse des coûts de l’énergie, flambée des matières premières agricoles, ralentissement de la consommation et perte de compétitivité à l’export. « Le cacao est loin d’être le seul concerné. Les ingrédients laitiers (poudres de lait, lactosérum…), les huiles, les amandes, les pistaches ont également connu de fortes augmentations. Les céréales et le sucre repartent nettement à la hausse depuis cet été et l’équilibre du marché des œufs reste très fragile, avec des tensions sur les disponibilités qui persistent », alertent-ils.
Ces dernières font déjà face à une situation particulièrement tendue : hausse des coûts de l’énergie, flambée des matières premières agricoles, ralentissement de la consommation et perte de compétitivité à l’export.
Moins d’investissements
Dans ce contexte, chaque euro supplémentaire prélevé par une nouvelle taxe serait, selon eux, un euro en moins pour l’investissement dans la modernisation des outils industriels, l’emploi, l’innovation ou la décarbonation. « Pour certaines PME, les précédentes simulations faisaient apparaître plusieurs millions d’euros de coûts supplémentaires. Aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne pourra absorber une telle charge additionnelle », affirment les professionnelles.
Et pour cause, les conséquences redoutées sont multiples : marges fragilisées, pression accrue sur les prix de vente et, inévitablement, impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs français. « Une taxe sur les produits alimentaires ne s’arrête pas aux portes des usines. Elle frappe aussi tout un écosystème industriel. Et elle finit aussi par atteindre le portefeuille des Français », redoutent la profession.
Défense du pouvoir d’achat
Par voie de communiqué, les représentants de l’industrie agroalimentaire interpellent le Gouvernement sur la cohérence de ses engagements en matière de défense du pouvoir d’achat, de réindustrialisation et de souveraineté économique, estimant qu’une telle mesure mettrait en péril des emplois locaux et des savoir-faire transmis depuis plusieurs générations.
Ils appellent, enfin, l’exécutif à renoncer à ce projet de taxe, qu’ils considèrent comme une menace directe pour la vitalité des filières sucrées françaises et pour la préservation du patrimoine gastronomique national.
C.Bu

