
Estimé à 850 millions d’euros, le marché français de la puériculture limite son recul à 1,1 % et mise sur l’innovation pour résister au déclin des naissances.
À l’occasion du Salon Bébé Paris, qui réunit les professionnels de la puériculture les 28 et 29 septembre 2026 au Parc Floral de Paris, la Fédération Française des industries du Jouet et de la Puériculture (FFJP) et la Fédération des Commerces spécialistes des Jouets et des Produits de l’Enfant (FCJPE) dressent un état des lieux précis et chiffré d’un secteur en pleine transformation, sur fond de préoccupations démographiques et économiques.
Un marché sous tension mais résilient
Le marché français de l’équipement de puériculture est estimé à 850 millions d’euros, auquel s’ajoute un segment des « consommables » (alimentation infantile, couches, hygiène, textile) évalué à 2 milliards d’euros. Malgré une conjoncture difficile, le secteur affiche une relative stabilité : selon NielsenIQ, le marché a reculé de 1,1 % en valeur entre août 2025 et juillet 2026, contre -5,2 % l’année précédente, tandis que les volumes baissent de 3,8 %. À l’échelle européenne, la France se distingue par sa résistance, loin devant l’Allemagne (-18,2 %) ou le Royaume-Uni (-6,2 %).
Cette résilience s’explique par la densité du réseau de magasins spécialisés, l’innovation et la montée en gamme des produits. Les solutions tout-en-un, telles que les poussettes 3-en-1, enregistrent une progression de 34 % de leur chiffre d’affaires, tandis que les sièges auto évolutifs de type All-Size progressent de 14 % en valeur.
Les attentes des parents évoluent
Le Baromètre Puériculture 2026, réalisé par la FFJP et Nova CHILD, révèle que 56 % des mamans interrogées envisagent un nouvel enfant, soit une hausse de 13 points par rapport à 2024. Toutefois, la confiance en l’avenir reste fragile (6,5/10, niveau le plus bas depuis 2018), les préoccupations économiques et sociales étant prépondérantes : 66 % des femmes enceintes citent le pouvoir d’achat comme principale source d’inquiétude, devant le climat social (61 %), la santé (58 %) et l’environnement (56 %).
Dans leurs achats, les parents privilégient la qualité (71 %), la sécurité (58 %) et le prix (52 %). La demande de consommation responsable est forte (86 %), mais 54 % des mamans refusent de sacrifier leur budget. L’inflation influence 85 % des décisions d’achat. Par ailleurs, 44 % des mamans ont déjà acheté de la puériculture sur des places de marché en ligne, où 42 % des annonces analysées en 2026 ne respectaient pas les obligations d’information et de sécurité.
L’usage de l’intelligence artificielle s’installe dans les parcours d’achat : 64 % des mamans y recourent pour comparer, obtenir des conseils ou rechercher les meilleurs prix. La seconde main s’ancre durablement, motivée principalement par le prix (59 % des mamans y ont déjà eu recours).
La GSS conserve une place centrale
Malgré la montée du multicanal, le magasin spécialisé conserve une place centrale : 50 % des femmes enceintes privilégient ce circuit pour les équipements de transport, 49 % pour le sommeil de bébé. Avant l’achat, 35 % des mamans et 39 % des femmes enceintes s’y renseignent ou comparent les produits. Le magasin offre un accompagnement personnalisé, de la construction de la liste de naissance au service après-vente, garantissant conseil, sécurité et adaptation au budget familial.
Un défi démographique
La France a enregistré 645 000 naissances en 2025, soit une baisse de 2,1 % par rapport à 2024. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel est négatif. Pourtant, le désir d’enfant demeure. Le rapport parlementaire de février 2026 formule 37 propositions pour soutenir la natalité, dont l’accès facilité au logement, un « plan Marshall » des modes de garde, un congé parental unifié ou le déblocage anticipé de l’épargne salariale dès le premier enfant. La FFJP et la FCJPE saluent également le label « Le Choix des Familles », valorisant les lieux accueillant enfants et familles.
C.Bu

