
En 2025, le marché français du bricolage en grandes surfaces de bricolage recule pour la troisième année consécutive, à 21,82 milliards d’euros. Si le e-commerce progresse, la prudence des ménages, la baisse de rentabilité des magasins et le repli de la plupart des rayons continuent de peser sur le secteur.
En 2025, le marché français du bricolage en circuit GSB (Grandes Surfaces de Bricolage) affiche une nouvelle contraction, enregistrant une baisse de 1,4 % de son chiffre d’affaires, pour atteindre 21,82 milliards d’euros. Ce recul, le troisième consécutif après -1,4 % en 2023 et -4,3 % en 2024, s’inscrit dans un contexte économique et immobilier contrasté, mais le marché reste supérieur à son niveau de 2019 (20 milliards d’euros).
L’environnement immobilier a connu un rebond partiel : 379 222 logements ont été autorisés à la construction (+15 % vs 2024), mais ce chiffre reste inférieur de 8,8 % à la moyenne des cinq années précédentes. Les mises en chantier progressent de 5 % (274 611 logements), mais demeurent en retrait de 21 % par rapport à la moyenne quinquennale. Sur le marché de l’ancien, après deux années de forte baisse, les transactions repartent à la hausse (+13 %), atteignant 951 000 ventes, sans toutefois franchir le seuil du million.
Sur le plan économique, la confiance des ménages s’est dégradée, l’indice INSEE chutant à 90, soit 10 points sous sa moyenne de long terme. L’indicateur mesurant l’opportunité de faire des achats importants reste très bas (-27 points), ce qui pèse directement sur les projets de rénovation et d’équipement.
Un parc en expansion, mais moins rentable
Le parc des GSB continue de croître, avec 2 400 points de vente (+1 %), totalisant plus de 8 millions de m². Cependant, cette extension du parc s’accompagne d’une baisse de rentabilité : le chiffre d’affaires au m² recule de 2,4 %, à 2 714 euros en moyenne. Les magasins de format « Big Box » (plus de 10 000 m²) tirent leur épingle du jeu, représentant 54 % du chiffre d’affaires du circuit et affichant une quasi-stabilité (-0,3 %). Les formats « Dépôt » (4 000 à 10 000 m²) et « Proximité » (moins de 4 000 m²) reculent respectivement de 3,3 % et 2,1 %.
Les ventes en ligne constituent le seul véritable relais de croissance, progressant de 7,7 % en 2025, alors que les ventes en magasin baissent de 1,9 %. Toutefois, la part du e-commerce reste marginale dans le secteur (6,2 % du CA), loin derrière d’autres univers comme les biens techniques et durables (35 %).
Le marché reste très concentré : 98 % du chiffre d’affaires est détenu par quatre groupes, dont Adéo (Leroy Merlin, Weldom, Bricoman) et Kingfisher (Castorama, Brico Dépôt) qui concentrent à eux seuls 76 % du total. Leroy Merlin domine avec 8,98 milliards d’euros de CA, suivi de Castorama (2,78 Mds €) et Brico Dépôt (2,61 Mds €).
Des rayons aux trajectoires contrastées
L’analyse par rayons révèle des dynamiques contrastées. Seuls les rayons Chauffage (+3,3 %) et Electricité (+0,6 %) progressent en 2025. Le rayon Chauffage bénéficie d’un été caniculaire, dopant les ventes de climatisation et ventilation (+18 %), tandis que les combustibles progressent de 3 %. Le rayon Electricité profite de la démocratisation des travaux électriques chez les particuliers, même si la famille Photovoltaïque recule de 36 % après une forte croissance les années précédentes.
Les autres rayons sont en repli : Outillage (-2,8 %), Quincaillerie (-2,6 %), Plomberie-Salle de bains-Cuisine (-1,5 %), Bois & Menuiserie (-2,4 %), Bâtiment (-1,8 %), Peinture-Droguerie-Colles (-1,0 %), Revêtements (-2,3 %), Décoration (-3,5 %) et Jardin (-0,2 %). Sur le moyen terme, seul le rayon Décoration affiche une baisse par rapport à 2019 (-9 %), alors que le Jardin (+21 %), Bâtiment (+18 %) et Chauffage (+15 %) sont les plus dynamiques.
Le rayon Jardin, qui pèse 3,2 milliards d’euros, est particulièrement sensible à la météo : en 2025, la sécheresse a favorisé les ventes d’arrosage (+2 %) et de plein air (+5 %), mais pénalisé l’outillage motorisé (-4 %) et les végétaux (-2 %).
Le marché du bricolage en GSB traverse une phase d’ajustement après les années exceptionnelles post-Covid. La croissance du parc, la digitalisation progressive et la résilience de certains segments (chauffage, jardin) témoignent d’un secteur en mutation, confronté à la fois à la prudence des ménages et à la nécessité d’innover pour retrouver le chemin de la croissance.
C.Bu
