
Nouvelle feuille de route stratégique pour Synabio qui fête ses 50 ans. Le syndicat national des entreprises agroalimentaires biologiques entend passer de 5,8% à 12% de parts de marché pour le bio en 2030, tout circuits confondus, et viser 20% en 2040. Pour y parvenir, le syndicat porte quatre propositions auprès des candidats à l’élection présidentielle de 2027.
Si la consommation bio a triplé en quinze ans et affiche, en 2025, une hausse de +3,6% en volume, la crise de ces dernières années on a eu des conséquences durables sur les entreprises. Le Synabio dénonce des déréférencements en grande distribution et une place en rayon difficile à reconquérir, soit autant de débouchés en moins pour les agriculteurs. Le syndicat s’est fixé trois priorités : santé, souveraineté et accessibilité.
« Le bio ne protège pas du tout, mais ils protègent l’essentiel. Le soutenir, c’est passer de la réparation à la prévention », résume Louis Pinot de Villechenon, délégué général . Le Synabio demande à ce qu’il soit reconnu comme un levier de prévention, « alors que 80% des soutiens publics vont au modèle conventionnel, contre 8% pour le bio et les modèles différenciés. »
Sur le volet souveraineté et compétitivité, le syndicat demande un meilleur accès au financement pour permettre aux entreprises d’investir, soulignant que 69% des entreprises agroalimentaires bio ont plus de 12 ans contre 40% pour le reste du secteur.
Le syndicat souhaite également agir pour concilier accessibilité, juste rémunération et capacité d’investissement.
Quatre propositions pour la présidentielle 2027
Le Synabio porte quatre propositions et l’attention des candidats avec la Maison de la bio.
D’abord faire progresser le bio partout où les Français s’alimentent. Après avoir obtenu dans le projet de loi d’urgence agricole une obligation de transparence sur les approvisionnements de la grande distribution qui doit rendre visible la place réellement accordée au bio, le syndicat demande que cette transparence entraîne une progression de l’offre, avec des engagements des enseignes et de la restauration.
Il s’agit ensuite de porter une vision globale de la qualité alimentaire. Mode de production agricole, qualité nutritionnelle, niveau d’ultra-transformation… Le syndicat demande à ce que les politiques de santé publique articulent ces trois dimensions pour aller vers une alimentation de qualité. Selon lui, cela suppose de généraliser le Nutri-Score et de mieux identifier l’ultra-transformation, en distinguant les pratiques plutôt qu’en assimilant tous les aliments transformés à des produits à éviter.
Le Synabio souhaite également faire évoluer la publicité alimentaire pour mieux protéger les enfants et donner davantage de visibilité aux offres de qualité. « La France a choisi d’agir sur la publicité pour l’ultra-fast fashion. Le Royaume-Uni encadre celle de certains aliments moins favorables à la santé. Les exemples montrent qu’une volonté politique peut faire évoluer les règles. Nous demandons cette même ambition pour l’alimentation », souligne Thomas Breuzet, président du Synabio.
Enfin, le syndicat attend que la France défende les garanties et l’avenir du bio en Europe, au travers, notamment, du label bio.
C.B.











