
Entretien avec Jean-Luc Binard, directeur du magasin
Face à la recrudescence de la démarque, le centre E.Leclerc de Caen mise sur la détection discrète avec les antennes NS45 de Checkpoint lors de la refonte complète de sa ligne de caisse. Jean-Luc Binard, le directeur du magasin depuis 16 ans, détaille sa stratégie.
Vous avez entamé un vaste chantier de modernisation de votre hypermarché en 2024. Quel en est le bilan ?
Jean-Luc Binard. Notre magasin de 4 256 m2, situé en centre-ville de Caen, date de 2006 et il était temps de lui offrir un nouveau visage. Entre mai et juillet 2024, nous avons achevé la première phase de remodeling concernant la galerie marchande et la ligne de démarcation avec l’hypermarché. Ce fut un travail de fond comprenant la refonte du carrelage, des plafonds, du relamping et l’installation de murs végétaux pour transformer l’aspect visuel. Pour ne pas pénaliser nos clients, 80 % des travaux, notamment les plus lourds comme le carottage des sols, ont été réalisés de nuit. Nous avons également profité de cette phase pour changer intégralement notre ligne de caisse qui comprend 18 caisses standard, 10 en libre-service et 4 Scan Achat, en collaboration avec Rasec. Nous allons lancer, cette année, les études pour refaire l’intégralité de la surface de vente afin d’aboutir à un outil de travail totalement modernisé.
Pour sécuriser cette nouvelle ligne de caisse, vous avez choisi les antennes NS45 de Checkpoint Systems. Quels avantages en retirez-vous au quotidien ?
Nous travaillons avec Checkpoint depuis vingt ans. Pour ce projet, nous avons été parmi les premiers en France à tester les antennes NS45. C’est l’alliance de l’esthétique et de l’ergonomie qui nous a séduit. Contrairement aux portiques classiques, ces antennes sont fixées directement sur les côtés des meubles de caisse, évitant le perçage au sol ou le rainurage, ce qui facilite grandement le nettoyage pour nos équipes. C’est un système très discret et efficace. La détection couvre un spectre allant du sol jusqu’à 1,80 m de hauteur. Nous avons aussi intégré des barrières couplées à un signal sonore et au système Smart Connect dont le fonctionnement est simple. Si quelqu’un tente de s’introduire par une caisse fermée, l’agent de sécurité est immédiatement et discrètement alerté sur le boîtier qu’il porte.
La vidéoprotection constitue un outil central en grande distribution. Quelle est votre approche face à la recrudescence ces dernières années des vols sur certains produits sensibles ?
Nous disposons de 65 caméras, dont une trentaine sur la surface de vente et les concepts comme l’Espace culturel ou la parfumerie. Sur les produits à forte valeur comme les alcools, les grands crus, ou les lames de rasoirs, nous faisons face à des individus très bien équipés disposant de passes pour les vitrines et détachant assez facilement les collerettes. Nous utilisons des caméras analogiques pour le moment et nous allons évoluer. Je reste cependant convaincu que rien ne remplace l’œil humain derrière l’écran. Nous avons des agents dédiés qui se relaient à la vidéo pour maintenir une vigilance maximale. La technologie doit aider, mais c’est l’assiduité de l’agent et la qualité de son observation qui garantissent la réussite d’une interpellation.
Comment appréhendez-vous le rôle de vos agents de sécurité dans le fonctionnement du magasin ?
L’humain est le pilier de notre dispositif. En tant qu’ERP de catégorie M1, nous avons des obligations légales strictes mais nous allons au-delà pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Notre équipe de sécurité fonctionne en réseau : une personne est au PC sécurité, une autre à l’entrée de l’hypermarché, pour identifier les profils qui nous semblent suspects dès leur arrivée, et une troisième effectue des rondes en magasin et dans les réserves. C’est un travail d’équipe et de filature. Même sur nos caisses libre-service, où nous avons installé des caméras pour prévenir la malveillance (échanges d’étiquettes, oublis volontaires ou complicités internes), l’agent reste indispensable. La technologie nous donne des preuves, mais seul l’agent assure la dissuasion et l’intervention.



















