
Après les pillages et dégradations survenus en marge des manifestations des 17 et 24 octobre, l’Alliance du Commerce demande des ouvertures dominicales exceptionnelles et des aides accessibles à toutes les entreprises touchées. À l’approche des fêtes, elle appelle aussi à sécuriser les centres-villes pour favoriser le retour des clients.
À la suite des manifestations des 17 et 24 octobre, marquées par des actes de pillage et de dégradation, l’Alliance du Commerce interpelle le gouvernement et les préfets afin d’obtenir des mesures urgentes pour soutenir les commerces de centre-ville. Selon les premiers bilans, plus de 2 500 établissements ont été touchés, contraignant de nombreux commerçants à fermer temporairement leurs portes pour assurer la sécurité de leurs salariés et de leur clientèle. Les pertes de chiffre d’affaires ont atteint jusqu’à 90 % lors de ces deux samedis, des journées habituellement cruciales pour le secteur.
Ce contexte s’ajoute à une conjoncture déjà difficile, marquée par une baisse de la consommation et de la fréquentation des magasins. En septembre, l’activité du secteur de l’habillement a reculé de 17 % au niveau national. L’Alliance du Commerce souligne que les mois de novembre et décembre, essentiels pour le chiffre d’affaires annuel, seront déterminants pour compenser les pertes accumulées, préserver l’emploi et maintenir la présence commerciale dans les territoires.
Ouverture dominicale et élargissement des dispositifs d’aide
Face à cette situation, l’Alliance du Commerce demande au gouvernement d’autoriser exceptionnellement l’ouverture des commerces tous les dimanches de novembre et décembre 2026, ou a minima sur les six dimanches compris entre le 22 novembre et le 27 décembre. Actuellement, les deux tiers des villes de plus de 100 000 habitants n’autorisent pas l’ouverture dominicale dès le 22 novembre. L’organisation souhaite que ces autorisations exceptionnelles s’appliquent à tous les commerces, quel que soit leur secteur d’activité, afin de créer une dynamique commerciale à l’approche des fêtes. Ces ouvertures se feraient sur la base du volontariat, avec des contreparties pour les salariés, dans le respect du cadre légal du travail dominical.
Par ailleurs, l’Alliance du Commerce réclame l’élargissement des dispositifs d’aide existants à toutes les entreprises touchées, indépendamment de leur taille. Les aides actuelles, telles que le prêt « Solidarité Commerce » ou l’activité partielle « zéro reste à charge », sont réservées aux entreprises de moins de 250 salariés, tandis que le fonds de soutien aux commerçants victimes de violences concerne celles de moins de 50 salariés. L’organisation demande que ces dispositifs soient accessibles à toutes les entreprises affectées, y compris les enseignes et grands magasins, et que la prise en charge à 100 % de l’activité partielle soit étendue aux établissements contraints de fermer pour des raisons de sécurité, même en l’absence de dommages matériels.
Sécurité et mobilisation des collectivités locales
L’Alliance du Commerce insiste sur la nécessité de garantir la sécurité des commerces, des salariés et des clients. Elle appelle les pouvoirs publics à veiller à ce que les parcours des prochaines manifestations évitent les principales artères commerçantes, afin de prévenir de nouveaux incidents et de limiter les fermetures forcées. L’organisation encourage également les collectivités locales à prendre des initiatives pour inciter les Français à revenir dans les centres-villes, telles que des animations, des événements festifs ou la gratuité des parkings.
« Les commerçants et leurs salariés sont les victimes de ces violences, pas leurs responsables : ils ne peuvent pas en supporter seuls les conséquences. Les baisses de chiffre d’affaires ont atteint jusqu’à 90 % lors des deux derniers samedis, sans compter les coûts supplémentaires de mise en sécurité des points de vente. Les fêtes seront maintenant décisives pour sauver leur année. Les commerçants qui le souhaitent doivent pouvoir ouvrir les dimanches pour tenter de rattraper leur perte d’activité. Nous demandons des mesures rapides, concrètes et accessibles à toutes les entreprises touchées, et que tout soit fait pour que les clients reviennent en toute sécurité dans nos magasins. Il en va de l’activité, des emplois et de la présence des commerces dans les territoires », déclare Yohann Petiot, Directeur général de l’Alliance du Commerce.
C.Bu

