
Au-delà d’un simple service de livraison, le cotransportage permet aux commerçants d’étendre leur zone de chalandise, d’augmenter la satisfaction client, de réduire leurs coûts de livraison, de tisser du lien social tout en étant écoresponsables.
Rendre les courses en ligne accessibles au plus grand nombre de personnes sur le territoire, en particulier dans les zones rurales ou périurbaines. « C’est l’idée initiale de Shopopop », comme le rappelle Antoine Truong, directeur Marketing qui a rejoint l’entreprise il y a trois ans pour gérer les partenariats et le marketing au niveau européen. Avec un parcours au sein d’enseignes comme Carrefour ou E.Leclerc sur des missions de supply chain et d’organisation, il bénéficie d’une expérience clé au cœur des attentes des distributeurs et des consommateurs en matière de livraison. « Nous aidons les commerçants, donc les magasins et les drives, à disposer de solutions pour livrer leurs clients où ils veulent et quand ils veulent », explique-t-il. Avec une solution différenciante : la livraison est effectuée en cotransportage à l’aide de particuliers.
Connecter les besoins
Partant du principe que, chaque jour, des millions de français font des trajets en voiture pour aller au travail, déposer leurs enfants à l’école ou tout simplement faire leurs courses et que, de l’autre des commerçants recherchent des solutions pour livrer des commandes à quelques centaines de mètres ou kilomètres, Shopopop se positionne comme une plateforme qui connecte les deux besoins. Le particulier, baptisé cotransporteur, récupère la commande chez le commerçant partenaire sur son trajet et livre le client de l’enseigne. En échange, il reçoit une contribution financière de quelques euros, en lien avec les indemnités kilométriques. Quelque 350 000 cotransporteurs actifs font partie de la communauté.
Lancée en 2025, l’entreprise enregistre une belle croissance. En dix ans, Shopopop a effectué plus de 17 millions de livraisons. « Et pour la seule année 2026, nous allons atteindre à peu près les 7 millions de livraisons », se félicite Antoine Truong. L’entreprise travaille avec 7 500 partenaires commerçants en France, de la grande distribution alimentaire (Super U, Auchan, E.Leclerc, Intermarché, Monoprix, Biocoop…) à des enseignes spécialisées comme Decathlon, Jardiland, les enseignes de bricolage, en passant par les commerces de proximité, comme les fleuristes, par exemple. Shopopop s’est d’ailleurs étendu au-delà des frontières (Belgique, Luxembourg, UK, Pays-Bas…) « Nous sommes leaders européens sur le cotransportage », affirme Antoine Truong.
Une solution rapidement opérationnelle
Concrètement, le client passe commande en ligne ou en magasin, choisit son créneau de livraison, son mode de transport (Shopopop, par exemple). L’équipe du point de vente prépare la commande, avec le stock du magasin ou celui du drive. Puis un cotransporteur vient, sur son trajet, la récupérer pour la livrer à l’adresse et dans le créneau horaire choisi. En général, un créneau de 2 heures dans un rayon maximum de 25 km du point de vente. « L’avantage de Shopopop, c’est de proposer la livraison le jour J », précise Antoine Truong. Avec, à la clé, un tracking efficient : dès que la commande est enregistrée, le client est tenu informé par mail et SMS en temps réel des différentes étapes de la livraison. Un code lui est également envoyé afin de certifier la livraison.
Côté magasin, la mise en place de la solution est rapide. « L’enseigne obtient les accès à notre interface qui est connectée directement en API, soit avec des outils internes de dispatch, soit des outils externes. En moins de 48 heures, la solution est opérationnelle, explique-t-il. Et les enseignes nous disent que notre solution est entre 20 % et 30 % moins chère que si elles avaient dû recourir à une flotte externalisée classique ». Antoine Truong rappelle que les enjeux sont nombreux sur les problématiques de livraison. Bien sûr, du côté du consommateur, avec tout ce qui permet de générer de la satisfaction client. Mais il y a aussi les enjeux d’efficience opérationnelle en magasin, sur les stocks, la digitalisation. « Et, bien sûr, des enjeux de coûts, parce qu’à la fin de la journée, il faut que l’équation économique tienne », souligne-t-il, en observant que les attentes des clients n’ont pas foncièrement changé sur le fond. La rapidité fait toujours partie des besoins exprimés, « même si l’on ne parle plus de livraison en 15 minutes comme il y a trois ans, plus personne n’a envie d’attendre une semaine pour recevoir sa commande ». Autres attentes : la flexibilité, autrement dit choisir le bon moment de livraison « plutôt que de subir un créneau de 5 ou 6 heures comme cela existe encore sur le non-alimentaire » ; et aussi la fiabilité, c’est-à-dire être certain de recevoir le produit au bon moment et en bon état. « Avec Shopopop, finalement, nous répondons à l’ensemble des enseignes, à la fois en matière de rapidité, de flexibilité et de coûts », précise-t-il.
Animer la communauté
Pour pouvoir répondre à cette équation, l’entreprise doit activer et animer la communauté de cotransporteurs, en tenant compte du plafonnement de 3 000 € de revenus accordés au titre de l’économie collaborative. « Notre modèle n’est pas basé sur des livreurs professionnels ou des auto-entrepreneurs. Ce sont des particuliers qui effectuent ce trajet en rendant ce service à la communauté », confie-t-il. Avec des motivations multiples comme le pouvoir d’achat, l’écoresponsabilité ou encore le lien social. « Aujourd’hui, 35 % des livraisons finissant avec un café avec le client final », ajoute-t-il. Shopopop couvre 77 % des villes de moins de 2 000 habitants (soit environ 95 % du territoire), tissant un lien social avec des personnes en zone rurale. Réseaux sociaux, « mais surtout bouche-à-oreille font partie des canaux de recrutement de nouveaux membres de la communauté, observe-t-il. Le point de vente devient, aussi, cette agora qui vient connecter les gens entre eux. Ensemble, nous permettons aux distributeurs d’étendre leur zone de chalandise et aux clients d’être livrés ».
















