
Lionel Avot (WeKount) et Olivier Garosi (Madic digital), membres du Digital Signage club, reviennent sur plusieurs enjeux agitant le secteur.
Le dossier dans son intégralité sera à découvrir dans le numéro du 14/09/2026
Comment concilier transformation digitale des magasins et impératifs de sobriété numérique ?
La réponse d’Olivier Garosi, président du Digital Signage Club et directeur opérationnel de Madic Digital
« La pluridisciplinarité des métiers présents au sein du club nous a beaucoup apporté sur ce sujet, vrai marqueur de notre époque. Dès 2018, nous avons entamé une démarche constructive de mesure de l’empreinte carbone de notre métier, le Digital Signage, afin d’avoir des éléments de comparaisons pouvant permettre de comprendre l’impact d’un affichage digital dans notre quotidien. C’est ainsi que nous avons créé le premier calculateur carbone de notre profession, avec l’aide de notre partenaire Selectra, basé sur des données provenant de l’Ademe, et que nous avons fait évoluer depuis en l’actualisant régulièrement. Nous pouvons ainsi affirmer aujourd’hui que l’utilisation d’un écran en lieu et place d’une affiche papier n’est pas plus énergivore dans la durée, et qu’un écran est même moins émetteur de CO2 que l’utilisation régulière d’affiche papiers. La cohabitation du numérique et de l’affichage traditionnel peut trouver ainsi une voie qui nous engage sur le développement durable. »
Recherche d’alternatives françaises pour les marques premium
« Le marché se développe avec l’indoor qui tire le marché avec une croissance de +7,5% des revenus l’an dernier, note Lionel Avot, CEO de WeKount également membre du Digital Signage Club. Une chose importante à avoir à l’esprit est que les entreprises achètent de moins en moins d’écrans. L’idée est de faire davantage de revenus avec les mêmes écrans. Pour faire cela, il faut de la data. Il n’y a pas une réunion où on ne parle pas de la data, poursuit-il. Et pourtant le média est encore sous-estimé. Les enseignes ont un vivier énorme de consommateurs en magasin, qui sont devant les écrans de manière captive. »
Cette transition vers le média physique est également alimentée par une quête de sécurité pour les marques premium, qui cherchent des alternatives locales, c’est-à-dire françaises, et écoresponsables face aux dérives des plateformes numériques. Lionel Avot précise ce basculement du marketing mix : « C’est un média qui a un faible bilan CO2, qui est pilotable et mesurable. Et c’est un média local par définition. Il a toutes les raisons pour plaire. Il n’y a pas d’univers offrant une alternative plus solide à ces media digitaux. » L’inventaire est important, 90 000 écrans sur le DOOH en France. À l’heure où l’on entend les premiers retours de marques premium parlant du préjudice de marque d’être sur les réseaux sociaux, les entreprises françaises s’interrogent sur le bon usage des écrans en magasin. « À nous de les convaincre de mettre du retail media dans leur marketing mix et d’innover dans le local », pousse Lionel Avot. Reste à consolider une chaîne technique encore relativement dispersée entre les régies des enseignes, les indépendants et les porteurs de technologies.



















