
La tendance à la modération d’alcool progresse en France révèle la deuxième édition de l’Observatoire Chavin & CSA. Le « Dry January » s’installe durablement dans les habitudes de consommation, même si des freins restent à lever dans un pays historiquement ancré dans la culture du vin. par Cécile Buffard
Créé en 2024, l’observatoire Chavin & CSA qui vise à mesurer et à comprendre la croissance de la consommation des vins et boissons sans alcool constate une progression de la participation au « janvier sobre » (« Dry January ») en France. En 2025, 30 % des Français déclaraient avoir déjà participé au moins une fois à ce mouvement (+ 11 points vs 2024) et 21 % ont participé en janvier 2025. 17 % se préparent à le faire pour la première fois en 2026 et 44 % déclarent vouloir relever le défi cette année. « Le Dry January connaît une véritable accélération depuis trois ans. Les médias, les réseaux sociaux, les communautés, les défis tournés autour du bien-être… Tout converge vers un mois de janvier synonyme de pause, de santé et d’abstinence ou de modération », déclare Mathilde Boulachin, fondatrice de la Maison Chavin, spécialiste des alternatives sans alcool, présente dans plus de 65 pays.
Les femmes sur-représentées
L’offre sans alcool séduit d’abord les femmes. 55 % des participants au « Dry January » sont des femmes, dont une forte proportion de moins de 35 ans (49 %) et de CSP+ consommateurs de vins et déjà curieux des alternatives sans alcool. « 95 % des répondants affirment consommer également du vin alcoolisé et 73 % se définissent comme flexi-buveurs, contre 71 % en 2024 », explique Mathilde Boulachin qui observe une montée en puissance de la modération d’alcool. 36 % des Français ont ainsi réduit leur consommation d’alcool en 2025, révèle l’Observatoire et 10 % déclarent avoir arrêté totalement. 39 % souhaitent réduire encore en 2026. « Cette dynamique dépasse largement le Dry January : elle reflète une recherche accrue d’équilibre, de maîtrise, de bien-être et d’options compatibles avec les différents moments de vie », poursuit la fondatrice.
Percée du vin sans alcool
La catégorie des vins sans alcool continue, mécaniquement, de gagner du terrain. Elle accompagne la baisse structurelle de la consommation de vin en France et dans le monde. « Le taux de participation au Dry January, en forte amélioration, ainsi que la croissance des ventes des alternatives sans alcool de qualité ne sont pas la cause mais la conséquence du retrait du vin dans les habitudes de consommation », soutient Mathilde Boulachin. 34 % des participants ont déjà consommé des vins sans alcool, soit une hausse de 9 points vs 2024. 19 % déclarent en consommer aujourd’hui, régulièrement ou occasionnellement (+ 1 point vs 2024) et 7 % en consomment chaque semaine, plutôt à domicile (58 %). Preuve que le sans alcool s’invite de plus en plus souvent à la table des Français.

















