
Le bio joue-t-il au yoyo ? Après une contraction brutale de la demande sous l’effet de l’inflation, le marché retrouve des couleurs en 2025. Une dynamique de courte durée ? Si la demande résiste, l’offre en GMS chute depuis le début de l’année. Les négociations commerciales et les menaces de déréférencement sont pointées du doigt. Par Catherine Batteux
Après plusieurs années de croissance à deux chiffres, le marché du bio a connu une contraction très brutale de la demande dans un contexte de forte inflation en 2021/2022. Si les indicateurs observés l’an dernier montrent un redémarrage progressif, Thomas Breuzet, président du syndicat des entreprises bio agroalimentaires (Synabio) et dirigeant du groupe Quinoak, s’exprimant lors de l’audition commune de la production alimentaire bio devant la commission d’enquête du Sénat, le 3 mars 2026, tient à préciser que « la distribution spécialisée a tenu un rôle d’amortisseur et a permis de maintenir une offre cohérente lisible et engagée afin de préserver la fidélité des consommateurs et, dans une certaine mesure, les débouchés pour nos entreprises de transformation et pour les fermes engagées en bio ». Le président de Synabio, qui représente plus de 200 entreprises, majoritairement des PME et des ETI qui pèsent 50 % du marché bio et génèrent 14 000 emplois directs en France, souligne qu’en grande distribution, la situation commence également à s’améliorer avec une progression de l’ordre de 0,6 % des volumes. Toutefois, « l’enseignement est clair : là où l’offre bio a été maintenue, la consommation a résisté. Là où il y a eu une réduction des assortiments en bio, le recul a été amplifié. Autrement dit, les réductions d’assortiment qui ont été mises en œuvre pendant la crise ont accentué la baisse du marché ».
Sanctions sur les assortiments Même constat du côté de Compagnie Léa Nature qui réalise 50 % de son activité en GMS, 36 % avec les magasins bio et 4 % en RHF. « Après des années de croissance, les marges brutes se sont affaissées dans un contexte très inflationniste. Nous avons perdu à peu près 4 points de marge sur la transformation de nos produits, explique devant la commission Charles Kloboukoff, président de l’entreprise familiale basée à La Rochelle. Nous avons été soumis à





