
Le groupement de commerçants indépendants spécialisés dans la distribution en quincaillerie, bricolage, fournitures industrielles, bâtiment, apiculture et élevage, s’engage dans un combat pour défendre son modèle.
Avec cinq enseignes et près de 1 000 points de vente, la coopérative entend peser dans les débats et choix nationaux dans un contexte économique difficile : rétraction de la consommation, imprévisibilité de la demande, stagnation des investissements, tensions inflationnistes, instabilité politique et géopolitique…. « La crise n’est pas une excuse, c’est l’opportunité d’agir encore plus fortement et collectivement, de dynamiser notre action, d’accélérer nos initiatives » estime Eric Champion, président du groupe Cofaq. Selon lui, les évolutions du marché, mais la consommation et des mentalités représentent « autant d’ouvertures pour aller de l’avant ».
« Indépendance augmentée »
La coopérative met en avant le dynamisme de ses adhérents indépendants et la force de l’organisation collective Avec « un résultat consolidé qui devrait croître d’1M€ en 2026. Le groupe Cofaq crée donc de la valeur, quand le marché en détruit (…) Face à un marché qui change rapidement, avec une concentration des groupes intégrés et une pression accrue sur les marges, il est nécessaire de protéger la liberté des indépendants », souligne Éric champion. La coopérative se définit comme un rempart contre la crise et les fermetures. « Ce statut permet de créer ensemble ce que chacun, isolé, ne pourrait pas accomplir ! », poursuit -t-il.
Eric Champion et Laurent Huntizinger, directeur général du groupe Cofaq, aiment parler « d’indépendance augmentée », qu’ils décrivent comme la liberté individuelle multipliée par la force du collectif. Un plan d’action sur sept ans, fixé pour augmenter la liberté des adhérents, concerne aussi bien les outils que la logistique, les conditions d’achat, les marges et la différenciation locale. « En 2033, nous serons sur une indépendance pleinement augmentée, avec une coopérative plus influente et performante, et des adhérents plus libres et compétitifs », assure le président.
Un rôle désormais politique
Pour aller plus loin, le groupe endosse un rôle politique. « Dans un marché qui se transforme et réduit chaque jour les marges de manœuvre des indépendants, nous voulons peser pour compter ! », lance Eric Champion, qui parle d’une « vraie rupture » dans la culture Cofaq, en entamant un nouveau combat économique, politique et institutionnel pour affirmer la singularité du modèle coopératif. Le groupe entend défendre la voix des indépendants et de ce modèle dans le débat public, en surfant sur la visibilité apportée par Serge Papin, ministre du Commerce et ex-patron de Coopérative U. « Nous devons faire preuve d’audace. Nous n’avons pas le choix pour éviter aux indépendants de souffrir, voire de disparaître. Nous sommes déterminés et nous serons offensifs pour faire entendre leurs voix dans toutes les instances. L’heure est grave ! », alerte Eric Champion. Le groupe veut notamment exiger des règles équitables, une concurrence loyale et la reconnaissance de l’utilité économique des indépendants et des coopératives. Parmi ses combats se trouve la dématérialisation des factures, pour laquelle le gouvernement n’a pas pris en compte les spécificités des coopératives avec mandataires au paiement.
C.B.

