
21 000 solutions automatiques déployées dans toute la France, 10 000 cabines photos Photomaton, 4 500 laveries, 4 000 bornes d’impression photos, des machines pilotes… ME Group crée de nouveaux usages et s’inscrit dans un processus d’innovation permanente. Au service des consommateurs et des distributeurs. par Catherine Batteux
Une palette de services qui permet à l’entreprise de mutualiser ses compétences. « C’est l’une des grandes forces de notre groupe, estime Patrick de Baecque, directeur général France de ME Group. Nous avons le plus grand réseau de techniciens, soit 300 salariés, dont la moyenne d’ancienneté est de 14 ans. Ils connaissent donc très bien nos outils, nos process et nos clients. Chez nous, il n’y a pas de sous-traitance ». Le groupe est solidement implanté en GSA, un peu en distribution spécialisée comme les enseignes de bricolage et, récemment, les animaleries et aussi dans les stations-service. ME Group compte également 800 baux commerciaux et travaille avec toutes les foncières. « Notre parc fait de nous, de très loin, le premier acteur en matière de services », assure-t-il.
Parc laverie doublé en 5 ans
Un des succès du groupe, c’est celui des kiosques de laverie automatique installés, la plupart du temps, sur les parkings des GSA (Carrefour, Intermarché, E.Leclerc, Coopérative U… tous formats), et dont le parc a doublé en 5 ans. « C’est une tendance de fond. Nous avons créé un nouvel usage », glisse Patrick de Baecque.
Depuis la crise sanitaire, de plus en plus de Français choisissent de laver leur linge en dehors du domicile. 52 % des clients de Wash.Me (marque de ME Group) sont occasionnels et possèdent une machine à domicile ; 37 % l’utilisent plusieurs fois par an pour laver de grosses pièces comme des couettes ou des anoraks ou absorber les pics de linge en retour de vacances ; 15 % sont des occasionnels contraints (machine en panne, voyage longue durée) ; 36 % sont des exclusifs sans machine à laver chez eux (étudiant, petit logement) ; et 12 % sont des professionnels comme les loueurs qui, avec l’avènement des locations de type Airbn’b, utilisent le service afin d’accélérer les rotations entre les locations pour laver draps et serviettes en 40 minutes.
Mais si le service a tant de succès, c’est aussi qu’il offre une expérience spécifique et une promesse client claire. « Nous avons créé un usage où, ponctuellement, si vous avez un besoin que votre machine ne peut pas adresser, ou si vous avez peur d’y passer trop de temps, c’est plus simple de venir chez nous », raconte-t-il. Au programme : laver son linge rapidement, y compris de grosses capacités avec des machines (à laver et séchoirs) de 9 kg et 20 kg, un prix attractif, une possibilité de se garer sur le parking de la grande surface et de réaliser ses courses pendant le cycle de lavage. Autrement dit, le linge est lavé en temps masqué. Pour simplifier l’expérience, une application a été développée afin de savoir, avant de se déplacer, si les machines sont disponibles. Et une alerte SMS est reçue par l’utilisateur 5 minutes avant la fin du cycle, pour plus de sérénité. Un sondage réalisé par le groupe révèle que plus de 70 % des clients qui utilisent ces laveries vont faire des courses pendant que leur linge tourne. « Certains clients ont d’ailleurs changé d’enseigne afin de pouvoir laver leur linge dans ce temps masqué. Ce sont des courses additionnelles d’opportunités pour les enseignes, précise-t-il. Nous disons aux GSA, non seulement ces kiosques agissent sur la création d’une nouvelle clientèle, ou leur fidélisation, mais si vos clients ont vraiment besoin de ce service et que vous ne le proposez pas, vous créez un point de fuite ». Au-delà de l’impact en termes de trafic, les enseignes bénéficient d’autres avantages, « puisque nous portons l’investissement. Nous prenons en charge les travaux, la fourniture des machines, la maintenance. Donc ça ne mobilise aucune ressource du magasin qui, lui, doit uniquement mettre à notre disposition l’équivalent d’une place de parking et nous fournir l’eau, l’électricité. Nous leur proposons une commission sur le chiffre d’affaires de la machine. Jusqu’à 30 % de ce que consomme le kiosque en énergie est réinjecté dans le réseau de notre partenaire grâce à l’électricité produite par les panneaux solaires de la machine. »
Photomaton a 100 ans
La deuxième force de proposition du groupe, c’est celle des cabines photos Photomaton, qui vient de fêter ses 100 ans. « C’est une vieille dame qui réussit à traverser toutes les époques et parvient à être encore à la mode aujourd’hui, au-delà de sa dimension purement servicielle », souligne Patrick de Baecque. Là encore, la solution répond à de multiples usages : des photos certifiées et agréées ANTS et ANEF pour les documents administratifs et qui répondent aux normes ICAO (une IA embarquée reconnaît la non-conformité, par exemple, si la personne porte une perruque ou un masque), mais aussi des photos hors identité « qui font également partie de l’ADN de Photomaton », souligne Patrick de Baecque. Des photos de famille, entre amis, en couple qui immortalisent les moments importants. « La génération Z, qui n’a pas connu l’argentique, a redécouvert la bandelette noire et blanche. Nous avons enregistré une croissance de 60 % sur ce produit, portée par les réseaux sociaux. C’est assez étonnant ! Ils ont créé une nouvelle expérience en prenant ces bandelettes en photo et en les publiant sur leurs réseaux. Ils vont même jusqu’à faire des making of en filmant l’intérieur de la cabine », ajoute-t-il.
Le groupe a également innové en lançant, en 2025, les premières photos via intelligence artificielle dans les cabines photos de 2e génération (deux-tiers du parc). Une vingtaine de thématiques permettent de se transformer en pilote de F1, en star du rock, en personnage de jeu vidéo ou encore en joueur de football. « Nous avons commencé avec la licence du PSG juste une semaine avant leur victoire en Ligue des champions. C’était un énorme coup ! se souvient Patrick de Baecque. Tous les fans sont venus immortaliser ce moment dans nos cabines ». Fort de ce succès, Photomaton a ensuite signé une licence avec le XV de France pour le Tournoi des Six Nations et devrait enchaîner avec une nouvelle licence avec la Fédération française de football pour la Coupe du Monde de cet été. « Cela peut nous permettre de proposer une expérience dédiée à une enseigne », souligne-t-il.
Photomaton déploie également une nouvelle génération de Print Kiosk, des bornes d’impression plus rapides et plus simples à utiliser. Elles permettent d’imprimer une photo de puissance smartphone sans fil grâce à un QR code en différents formats carrés (15×15 et 20×20). « Les jeunes sont devenus les premiers imprimeurs de photos et plus de la moitié des tirages instantanés de l’année se concentrent en novembre et décembre », précise-t-il. L’an dernier, la cabine s’est habillée aux couleurs de Noël : grâce à des templates créatifs et à l’IA, il était possible de créer des images personnalisées avec le Père Noël. On peut aussi imprimer des photos sur des objets qui sont directement commandés depuis le Print Kiosk.
Dans un autre domaine, des tests ont été menés sur une solution « Forme et bien-être » qui, à partir de caméras, peut réaliser un bilan cardiaque, d’audition ou de vision. Une version qui peut, typiquement, intéresser les réseaux d’opticiens.
Inclusivité
Enfin, Photomaton vient de lancer UPB (Universal photo booth), la première cabine photo universelle, accessible à tous, quels que soient les handicaps. Si l’ensemble des cabines sont déjà accessibles aux personnes à mobilité réduite, la version UPB va plus loin en s’adressant simultanément à quatre familles de handicap : moteur, visuel, auditif et cognitif. Elle intègre des aménagements spécifiques : sol antidérapant, barre de transfert, siège relevable pour l’accès en fauteuil roulant, accompagnement audio guidé, boutons en braille, consignes simplifiées, ou encore une boucle audio à induction magnétique pour les personnes malentendantes qui se connecte automatiquement aux appareils auditifs. « Nous avons travaillé avec des associations et nous sommes les seuls à proposer une seule cabine qui s’adapte à tous les handicaps », souligne-t-il. Près de 500 cabines UPB sont déjà déployées et 300 nouvelles installations sont prévues d’ici 2027.



















