
Croissance forte du e-commerce dans un secteur logistique sous tension maximale. Un paradoxe loin d’être anecdotique qui touche en particulier le dernier kilomètre. De fait, toutes les étapes sont en recherche d’optimisation, de nouveaux modèles plus responsables et plus efficients : entrepôts, magasins, livraison… Par Catherine Batteux
Sur le papier, tout va bien. Avec plus de 196 Mds € de chiffre d’affaires en 2025 (+ 7 %) et 3,2 milliards de transactions, le e-commerce français, qui devrait même franchir la barre des 200 Mds€ en 2026, a le vent en poupe. Et pourtant… « Quand on parle aux retailers, grand ou petits, alimentaires ou généralistes, on n’entend pas des gens sereins. On entend des gens qui courent », alerte Antoine Truong, directeur marketing de Shopopop. Parce qu’à côté de cette croissance, la réalité opérationnelle raconte une autre histoire… Les coûts logistiques sont en hausse structurelle (+ 15 % au km, jusqu’à + 30 % attendus sur l’énergie et la logistique), La pénurie de main-d’œuvre s’installe durablement (2 millions de postes vacants prévus en 2026, dont 60 % de chauffeurs), des consommateurs de plus en plus exigeants, qui n’acceptent plus les créneaux de livraison élargis ou ratés, qui veulent du rapide, du pratique, du responsable et de la fluidité. « Et au milieu de tout ça, une pression permanente et intenable pour les équipes : faire mieux, plus vite, pour moins cher », résume-t-il. Le directeur marketing de l’entreprise de cotransportage pointe en particulier un maillon précis : le dernier kilomètre, qui peut représenter à lui seul jusqu’à 50 % des coûts totaux de la supply chain. « C’est un maillon qui n’a plus rien d’un simple acheminement logistique. C’est le prolongement direct de l’expérience client, l’endroit où se joue la fidélité, la






