
En 2025, le groupement Mousquetaires affiche une solide dynamique. L’alimentaire, en hausse, est porté par Intermarché et Netto et les acquisitions de points de vente Casino et Colruyt. Sur le pôle maison, en difficulté, Bricorama va passer sous enseigne Bricomarché.
Une belle dynamique. En 2025, le Groupement Mousquetaires réalise un chiffre d’affaires en progression de +4,2% à 48,662 Mds€, hors carburant, tirée par la dynamique commerciale d’Intermarché et Netto (+5,4%). Les deux enseignes totalisent 34,356 Mds€ de chiffre d’affaires, hors carburant. « C’est une nouvelle année exceptionnelle, a souligné Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires, lors de la conférence de presse de présentation des résultats. En 2024, Intermarché et Netto connaissaient déjà une forte croissance à 7,4 points. En deux ans, nous avons progressé de plus de 10% ». Avec un gain de +0,5 point de part de marché en 2025, Intermarché et Netto ont atteint 17,5% de Pdm à fin décembre, derrière E.Leclerc et Carrefour. « « On a en ligne de mire la deuxième place et on va tout faire pour aller la chercher d’ici 2028 », souligne Thierry Cotillard. Dans les 2 417 points de vente français, Intermarché a conquis plus de 233 000 nouveaux clients, et Netto 49 000.
Le dirigeant a aussi rappelé la bonne progression du chiffre d’affaires des MDD (+7,9%) avec une part de quota de 35,2%, avec l’objectif d’atteindre 40% en 2028.
Enfin, à noter la bonne tenue du e-commerce avec, en particulier, une performance sur le drive avec une croissance à deux chiffres (+13,3%).
Avec, au final, de quoi atteindre l’objectif d’une part de marché de 20% en 2028 : « Avec l’agilité de notre modèle et l’agilité de notre gouvernance, nous sommes au rendez-vous pour aller chercher ces 2,5 points supplémentaires ».
A l’international, Intermarché poursuit sa croissance avec une progression de +6,1% de son CA hors carburant (1,979 Mds€) en Belgique avec 153 points de vente Intermarché et Mestdagh ; une hausse de +5,2% de CA (1,964 Mds€) au Portugal avec 267 magasins Intermarché ; et +2,5% de CA (1,301 Mds€) en Pologne avec 186 points de vente Intermarché.
La bascule des Colruyt avance
Selon le dirigeant, 2025 est aussi une année clé, avec trois opérations de croissance externe, selon deux méthodes. D’abord, avec l’acquisition des points de vente Casino (240 magasins) et Colruyt (81 points de vente), ensuite avec l’annonce du projet de partenariat stratégique avec Auchan Retail (passage en franchise de164 supermarchés sous enseigne Intermarché et Netto et 91 mis en vente en priorité aux adhérents du Groupement). Soit, au total, près de 600 points de vente supplémentaires.
Si la croissance de +5,4% du chiffre d’affaires des points de vente résulte des bonnes performances du parc historique (+1,8%), elle relève, aussi, du succès de la relance des 240 points de vente Casino (+3,6%).
Concernant Colruyt, les 81 points de vente du distributeur belge sont d’ores et déjà cédés aux adhérents. 79 d’entre eux ont fermé le 1er mars et réouvriront progressivement du 18 mars jusqu’à mi-avril après leur mise au concept Intermarché et Netto. « La bascule des points de vente est en train de s’opérer, souligne Thierry Cotillard.
Côté Casino, essai transformé
« Nous avons transformé l’essai avec Casino, estime le dirigeant. Quand on a signé l’accord, certains étaient dubitatifs en estimant que c’était un pari fou. En fait, c’est un pari gagnant. Tous nos adhérents y croient, tous les points de vente ont été affectés et la quasi-totalité des points de vente sont cédés ». En fin d’année, 90 points de vente ont déjà été mis au concept Intermarché et Netto, avec des progressions moyennes de chiffre d’affaires de +30% à 50%. « Après transformation, la moyenne tourne autour de 47%, mais je connais des collègues qui ont doublé, voire triplé leur chiffre d’affaires, ajoute-t-il. Donc, c’est très prometteur. Comme les adhérents ont l’obligation de transformer leurs points de vente, cela veut dire que nous avons encore 60% du parc qui va enregistrer des croissances beaucoup plus importantes ».
Bricorama va passer sous enseigne Bricomarché
Présentes en France, au Portugal et en Pologne, les enseignes du pôle Equipement de la maison enregistrent un CA de 4,413 Mds€ (-1,8%). Bricomarché bénéficie d’une solide croissance au Portugal (+8,3%) et en Pologne (+7%). L’enseigne confirme, d’ailleurs, sa troisième place sur le marché polonais en passant le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025 pour ses 224 points de vente (dont 11 ouvertures).
En revanche, en France, la situation est plus contrastée avec un marché en baisse pour la troisième année consécutive, « impacté notamment par le marché immobilier en berne », souligne Thierry Cotillard. Bricomarché, qui pèse pour 71% du poids du pôle maison fait, toutefois, preuve de résilience avec un CA de 2,141 Mds€ (-2,1%), alors que le marché a connu une chute de -3,2%, selon NielsenIQ.
De leur côté, les enseignes Bricorama et Brico Cash ont respectivement réalisé un CA de 516 M€ (-7,2%) et 345 M€ (-8%).
Afin de renouer avec la croissance, le Groupement va déployer un plan de relance en 2026 avec, notamment, un retour aux fondamentaux (attractivité prix et promotions, digital…). Mais, surtout, mettre en place un programme de convergence des deux enseignes. « Nous ne pouvons pas vivre avec deux systèmes d’information, deux programmes de fidélité, deux programmes de communication, souligne Thierry Cotillard. Nous avons réuni tous les adhérents et nous sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait unifier les deux enseignes. Progressivement, à partir de septembre, 160 magasins Bricorama passeront sous enseigne Bricomarché. Je suis convaincu que c’est nécessaire et que cela nous permettra d’améliorer les ratios et, notamment, notre positionnement prix ».
Agromousquetaires poursuit son recentrage
De son côté, le pôle Agromousquetaires poursuit sa stratégie de recentrage. Les 56 unités de production ont réalisé, en 2025, un CA de 4,2 Mds€ (+1%). Le Groupement Mousquetaires projette d’investir 150 M€ par an jusqu’en 2029, afin d’accompagner son recentrage sur les produits bruts, peu transformés et les filières stratégiques comme le lait, le porc, le bœuf ou lé végétal. 2025, a ainsi vu la cession de l’unité de production Svectic à Laillé (35) – 8 autres unités sont encore à céder -, le renforcement des équipes pour permettre une production six jours sur sept ou encore par la sécurisation des approvisionnements sur certaines filières.
Côté financier, le Groupement affiche, en 2025, une situation d’endettement maîtrisée, en avance sur ses objectifs. « Nous avons un ratio dette sur EBE qui devrait être inférieur à 1,5 point, souligne Thierry Cotillard. Nous n’avons jamais réalisé un tel résultat puisque l’EBE est supérieur à 1Md€. C’est historique ». Une trajectoire qui résulte à la fois de la performance commerciale et de l’application du programme de réduction de charges, initié en 2024, qui a déjà permis de dégager plus de 300 M€ d’économies réinvesties dans le positionnement prix des enseignes. Le Groupement est également en avance sur le remboursement des dettes : « En deux ans, nous avons remboursé intégralement la dette d’acquisition de Casino », conclut Thierry Cotillard.
C.B.














