
La galette de la colère. La Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) dénonce la course au prix sur les galettes des rois, notamment dans la grande distribution.
La galette des rois 6 parts Disney, vendue 2,50 € chez E. Leclerc a provoqué (entre autres) la colère des professionnels de la boulangerie. La Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) dénonce une communication à bas prix qui banalise un savoir-faire d’exception.
“Voir aujourd’hui certains distributeurs vendre une galette des rois à 2,50 € relève moins de la prouesse commerciale que d’un profond contresens culturel et économique. Derrière l’affichage d’un prix choc se cache une intention bien plus préoccupante : la dévalorisation d’un produit festif, saisonnier, et porteur d’un savoir-faire emblématique de la boulangerie-pâtisserie française“, déclare la fédération, dans un communiqué.
Les réalités de la filière occultées
La FEB rappelle que la galette n’est pas un produit anodin. Elle incarne un moment de partage, une tradition populaire, et un travail exigeant qui mobilise des matières premières de qualité, des compétences techniques et un temps de fabrication incompressible, en artisanat, comme en industrie. Pour les professionnels, afficher une galette à 2,50 €, c’est “occulter volontairement la réalité de la filière : celle des producteurs de beurre, d’oeufs, de farine, des artisans et des entreprises qui fabriquent, façonnent, cuisent et distribuent un produit festif, attendu et respecté par les consommateurs. À ce prix-là, ce n’est pas seulement la galette qui est bradée : c’est la valeur même du travail qui disparaît du message adressé au public.”
Selon la fédération, ces actions commerciales ne sont pas un acte en faveur du pouvoir d’achat.
Elles relèvent d’une stratégie de communication agressive, qui utilise un produit symbolique comme simple levier d’image prix, au mépris de la cohérence économique et de la durabilité de la filière.
“Derrière un prix artificiellement bas se pose une question essentielle : comment continuer à investir dans la qualité des ingrédients, dans l’amélioration des recettes, dans la réduction des impacts environnementaux, ou dans l’attractivité des métiers, lorsque la galette devient un simple outil promotionnel ?” s’interroge la FEB, ajoutant que cette logique alimente une spirale dangereuse, où le prix affiché prend le pas sur la valeur réelle, et où la tradition devient une variable d’ajustement marketing.
Un appel à la responsabilité collective
“La galette est un produit de célébration, inscrit dans le calendrier culturel français. La traiter comme un produit d’appel banal, c’est affaiblir ce qu’elle représente : le temps long, la transmission, la maîtrise technique et le respect du consommateur”, insiste la fédération qui appelle à un sursaut de responsabilité. La défense du pouvoir d’achat ne peut pas se faire au détriment du sens, de la qualité et du respect d’une filière entière.
Selon les professionnels, il est temps de sortir de ces logiques de communication à courte vue, qui abîment durablement les repères des consommateurs et fragilisent les entreprises engagées dans la qualité et la durabilité.
C.Bu
