![[Groupe Blanchard] Parcours d’un pluri-franchisé : «Mon ambition est de travailler avec des créateurs de marque» [Groupe Blanchard] Parcours d’un pluri-franchisé : «Mon ambition est de travailler avec des créateurs de marque»](https://pointsdevente.fr/wp-content/uploads/PDV1343_P18_02.jpg)
Entretien avec Alexis Blanchard, président du groupe Blanchard
Racontez-nous votre histoire…
Alexis Blanchard. Le groupe Blanchard est un réseau familial de boutiques indépendantes. Mes parents étaient des commerçants indépendants, qui géraient 6 magasins de meubles et gadgets, situés dans les départements 78, 93 et 94. Ils ont vécu l’arrivée des grandes enseignes de bricolage et le développement des centres commerciaux, à l’extérieur des villes. J’ai rejoint l’entreprise en 2010 mais sous le prisme de la pluri-franchise, avec une approche d’investisseur. Mon ambition était de développer des relations avec des créateurs de marque et des patrons visionnaires. À ce jour, je gère 9 magasins Okaidi, 2 Jack & Jones, 3 magasins Esprit de Marques, 1 Adopt et 1 Jacadi. En développant plusieurs enseignes, l’on peut amortir les difficultés rencontrées par l’une ou l’autre, selon leur courbe de vie. La pluri-franchise m’a permis de saisir les bonnes opportunités. Cette stratégie est essentielle dans un secteur où les tendances évoluent vite, comme le prêt-à-porter.
Quel est votre rôle de pluri-franchisé
Mon approche consiste à me mettre au service d’une enseigne, en valorisant le collectif et en soutenant mes collaborateurs. Grâce à notre reporting et à la remontée terrain, je fais progresser les marques que je représente. Nous avons accès aux marges et aux chiffres, ce qui nous permet d’alerter plus rapidement que les succursales et d’être plus réactifs en cas de problème. Les franchises que je gère sont performantes, et pour chaque marque, je mets à disposition une personne dédiée. Ma directrice s’occupe de l’ensemble des boutiques, favorisant les synergies sur la comptabilité, la formation et l’onboarding. Les magasins sont mieux organisés et réalisent plus de ventes grâce à cette logique collective.
Pourquoi avoir transformé Calzedonia en Adopt, à Poissy, en 2024 ?
Calzedonia demandait beaucoup de trafic, mais le chiffre d’affaires généré n’était pas suffisant pour rentabiliser l’activité, notamment à cause de paniers moyens trop faibles. J’ai dû laisser tomber ce projet à regret. Je cherchais un concept qui puisse s’implanter dans un local de 45 m², avec un modèle économique plus adapté. C’est ainsi que je me suis tourné vers Adopt, un concept novateur développé par Progressium, avec qui je travaillais déjà. Ce modèle est généreux en termes de marge et correspond à ce que je recherchais : une opportunité d’ouvrir une boutique, d’offrir une marque locale et bénéficier d’un compte d’exploitation sain. Il est essentiel de sécuriser la santé de l’exploitation, car le fonds de commerce n’a plus vraiment de valeur aujourd’hui.
Les fondateurs d’Adopt savaient dès le départ qu’ils allaient développer la marque en affiliation, et ils l’ont construite dans ce sens. Ils ont démocratisé le parfum en France, avec des essences fabriquées par trois des plus grands parfumeurs français, conditionnées dans de petites bouteilles de 100 ml à 11 euros. L’offre est très large, avec plus de 130 modèles et de nombreuses nouveautés, dans un univers convivial et fun. Le développement a été remarquable, et nous avons adapté ce concept à la franchise.
Pourquoi choisir la franchise ?
La franchise reste un excellent modèle pour développer des marques françaises et investir localement, notamment pour redynamiser les centres-villes. C’est un moyen efficace de repeupler les rues commerçantes et de créer des synergies entre les boutiques. Cependant, ce modèle comporte des risques, surtout lorsque la situation devient difficile : il peut y avoir beaucoup de tensions dans la marque, les franchisés ne sont pas toujours facilement manœuvrables, et il faut investir prudemment lorsque le groupe s’effondre. J’ai connu des situations où, du jour au lendemain, tout disparaît. Une boutique en centre-ville ne dégage pas beaucoup de marges, et le moindre coup de vent peut fragiliser l’activité, surtout lorsque l’on ne possède qu’une seule boutique. Mais quand la marque fonctionne bien, elle apporte des outils puissants (CRM, marketing, notoriété, force de frappe), et rassure le consommateur.



















