
Disposant d’un D.A en interne (l’un des fondateurs de l’agence) et d’une véritable culture musicale, La Playlist repense l’ambiance sonore de nombreuses enseignes. Du cousu main, crée et pensée par l’humain, aux antipodes des algorithmes et des schémas pré-établis.
La vue et l’odeur sont choyées dans le retail et l’ouïe reste parfois la cinquième roue du carrosse. Pour David Lamarche, directeur général de La Playlist, l’erreur est fatale. « La musique est un signal fort envoyé au client, capable de transformer une simple visite en une immersion mémorable », estime-t-il. Fondée en 2019 par le compositeur Nicolas Beauvais, l’agence refuse les algorithmes froids pour privilégier une création sur mesure, humaine et stratégique.
Pour La Playlist, chaque projet démarre par un atelier de co-développement où toutes les forces vives de la marque se réunissent. L’objectif est de traduire des valeurs abstraites en vibrations sonores. « Nous essayons de traiter les aspérités de la marque et de fédérer les équipes autour d’un projet musical », explique David Lamarche. Pour Celio, l’exercice a abouti à une direction claire : « recréer l’ambiance d’une bande de potes lors d’un barbecue d’été, avec une programmation toujours positive et dynamique ».
Chez Lacoste, l’enjeu est l’uniformité absolue : la musique est diffusée dans la totalité des points de vente de la marque dans le monde (plus de 50 pays) pour garantir une expérience de marque identique de Paris à Tokyo. « La musique est extrêmement importante dans le signal que l’on envoie au client », assure David Lamarche. Elle devient un levier pour rajeunir une clientèle ou affirmer un positionnement, comme chez Petit Bateau où l’on évite soigneusement l’écueil des comptines enfantines.
Des douches sonores chez Aigle
Aux dires du spécialiste, la musique influence directement le comportement d’achat. Le matin, à 9 h 30, La Playlist privilégie des tempos lents pour ralentir le parcours client, tandis qu’en pic d’activité, le rythme s’accélère pour dynamiser les flux. L’innovation va parfois plus loin, comme pour le flagship d’Aigle boulevard Saint-Germain à Paris. L’agence y a installé une « douche sonore » diffusant des bruits de vent d’hiver ou le son caractéristique d’un zip de vêtement que l’on remonte là où sont exposés les produits concernés.
Concrètement, chaque enseigne dispose d’une playlist de 30 heures mise à jour mensuellement par les créatifs de la société. La Playlist fait de la pédagogie auprès des vendeurs en insistant sur le fait que la musique n’est pas faite seulement pour eux, mais pour le client. En synchronisant l’audio et la vidéo, comme lors d’une opération thématique “Casino” chez Celio en décembre dernier, l’agence prouve que le magasin physique peut devenir une destination sensorielle à part entière.
























