
Les laits potentiellement contaminés à la céréulide continuent d’être rappelés. Après Nestlé et Lactalis, c’est au tour de Danone (Gallia, Blédilait) et de Vitagermine (Babybio) d’être concernées. Foodwatch porte plainte contre X dans ce dossier.
Après Nestlé (Guigoz, Nidal) et Lactalis (Picot), c’est désormais au tour de Danone (Gallia, Blédilait) et de Vitagermine (Babybio) de rappeler des laits infantiles psour risque de présence de céréulide, une toxine produite par certaines souches de bactéries de l’espèce Bacillus cereus. Cette toxine peut entraîner des nausées, des vomissements, et affecter les cellules du foie. Elle a notamment été identifié dans un ingrédient, une huile riche en acide arachidonique, ajouté dans les laits infantiles pour les complémenter en oméga-6.
Enquêtes pénales et plainte contre X
Deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et à Angers, le 22 janvier, après les morts inexpliquées de deux nourrissons, sans qu’il y ait, à ce jour, de lien identifié avec les laits infantiles potentiellement contaminés.
De son côté, foodwatch, qui a enquêté depuis mi-décembre 2025 sur ce scandale des laits infantiles contaminés, a annoncé, le 21 janvier dernier, déposer une plainte contre X dans ce dossier. L’association rappelle que les entreprises concernées doivent répondre de leurs actes et dont responsables de la sécurité sanitaire des produits qu’elles mettent sur le marché selon le règlement européen 178/2002, avec une obligation de traçabilité et de transparence à l’égard des autorités et des consommateurs. Foodwatch révèle ainsi, « de source sûre que le fournisseur des nombreuses usines Nestlé est un industriel chinois ».
Chronologie d’un scandale sanitaire mondial
Comme le souligne l’association, les premiers rappels chez Nestlé ont eu lieu en décembre 2025. Ce sont les autorités italiennes qui disposent de résultats de laboratoire qui montrent la présence de céréulide dans les laits infantiles, le 1er décembre. Elles partageront ces informations avec les autres États membres de l’Union européenne le 12 décembre 2025 via le réseau d’alerte européen RASFF. Entre temps, Nestlé informe les autorités néerlandaises de la contamination par la toxine céréulide à la suite de contrôles internes dans une usine du groupe aux Pays-Bas. « Cependant, les autorités néerlandaises et Nestlé non pas procédé à un rappel public, ni à l’avertissement des autres pays via le réseau d’alerte européen. Les raisons pour lesquelles cela n’a pas été fait restent totalement obscures », souligne foodwatch.
Le 11 décembre, un premier lot de lait infantile Guigoz est rappelé en France via la plateforme gouvernementale RappelConso. Il s’agit de produits commercialisés depuis au moins mai 2025, souligne foodwatch qui alerte, alors, les autorités européennes et démarre son enquête.
Le 12 décembre, des rappels ont lieu dans différents pays européens. Il s’agit de produits fabriqués par cette même usine de Nestlé aux Pays-Bas sous différentes marques. Le 15 décembre, foodwatch dénonce « un risque sanitaire inacceptable ».
Le 23 décembre, les autorités françaises répondent aux questions de foodwatch et confirment la présence de céréulide. Dans leurs réponses, elle précise que Nestlé avait été averti de l’alerte via son fournisseur et avait lancé les opérations de retrait et de rappel. « Nestlé avait donc bien été prévenu par son fournisseur dès décembre », observe foodwatch qui indique que, pendant la période de Noël, si « l’affaire reste relativement discrète en France, les produits font l’objet d’un retrait silencieux en Autriche, sans information claire aux consommateur.rices ».
À partir de janvier, les rappels de laits infantiles par Nestlé deviennent massifs et touchent plus de 800 références dans plus de 60 pays. En France, la liste s’allonge et concerne de nombreuses boîtes de Nidal, Guigoz lait infantile liquide et Guigoz.
Le 8 janvier, foodwatch dévoile que l’ingrédient incriminé, l’acide arachidonique (source d’oméga 6), a été utilisé dans une dizaine d’usines Nestlé situées au Pays-Bas, mais aussi en France, en Espagne, en Suisse et en Allemagne, les produits concernés étant expédiés partout dans le monde. A la mi-janvier, les signalements de bébé malades apparaissent.
Le 17 janvier, l’agence alimentaire de Singapour annonce le rappel de laits infantiles Dumex, une marque de nutrition infantile rachetée en 2022 par Danone. Quatre jours plus tard, c’est Lactalis qui lance des rappels massifs de lait de la marque Picot dans 18 pays. « L’entreprise rappelle des boîtes de laits commercialisées depuis janvier 2025, soit un an ! Ce nouvel épisode confirme le scénario le plus inquiétant : il ne s’agit pas seulement d’un problème interne à Nestlé, mais d’une contamination d’un ingrédient utilisé par plusieurs industriels et non des moindres », alerte foodwatch.
Le 23 janvier, Danone rappelle deux lots de lait Gallia et Blédina commercialisés depuis juin 2025. Deux jours plus tard, Babybio (Vitagermine) rappelle deux lots de lait Optima 1 (800g et 400g) commercialisés depuis septembre 2025.
C.B.
